DU TRAITE DE VERSAILLES A L'INVASION DE LA POLOGNE
ET AU PACTE D'ACIER
Le souvenir de la Seconde Guerre mondiale s'estompe peu à peu et quitte discrètement le domaine de la mémoire pour entrer dans celui de l'Histoire. Pour tous ceux qui ont combattu et souffert pendant ce conflit ou qui ont grandi au cours de ces années troublées, le passage de la mémoire à l'Histoire s'est produit récemment peut-être à le fin des années soixante ou au début des années soixante-dix. Pour ceux qui sont nés après la plus meurtrière des guerre qe l'homme ait jamais connue, la Seconde Guerre mondiale semble plutôt lointaine, d'une autre époque, telle une tapisserie du temps de la Peste noire ou de l'Invincible Armada. Quoi qu'il en soit, le recul qu'apporte la dimension historique par rapport aux faits permet de juger à la fois la guerre et les événements qui y ont conduit avec une relative impartialité.
Auparavant, aucun conflit n'avait marqué et modelé aussi durablement l'avenir et la façon de penser des hommes. En fait, la Seconde Guerre mondiale fut celle dont personne ne voulait et que tout le monde attendait; seule l'Union soviétique en tira un avantage territorial, mais à un coût très élevé. Comment en était-on arrivé là ?
Il n'existe pas de cause unique à la plus grand tragédie humaine de l'Histoire. Il faut en rechercher les causes dans les influences combinées de trois séries de facteurs et d'événements. La première est d'ordre politique : la Seconde Guerre mondiale résulta en partie en partie de l'incapacité des grandes puissances, après la Grande Guerre, à tirer profit de leur union du temps de guerre pour créer un nouvel ordre mondiale stable. Le traité de Versailles fut imposé par les frances puissances alliées aux Allemands en 1919, mais ceux-ci parlèrent de " diktat ". Les mesures prises à Versailles comportaient certaines clauses particulièrement drastiques qui eurent pour effet d'humilier politiquement et militairement l'Allemagne. Cette humiliation, acceptée par des responsables de la République de Weimar qui n'avaient guère le choix, servit à Hitler de prétexte pour accroître son audience auprès du peuple allemand. Par ailleurs, l'attitude ambigue de l'opinion publique en France et en Grande-Bretagne à l'égard du même traité fit que ces pays ne réagirent pas en 1936 lorsque l'armée encore embryonnaire d'Hitler envahit le Rhénanie démilitarisée.


